FAITS DIVERS



1871 - La bande à Pedro et le crime de Poyanne

"On a rarement vu une plus curieuse et plus complète collection de gredins singuliers et presque romanesques" (Le petit parisien 11 12 1881)

Lire le récit de l'affaire

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1781 - L'assassinat du vicomte de Juliac

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1830 - "Les bédouins pinicoles"



On ne voit en passant par les Landes désertes,
Vrai Sahara français, poudré de sable blanc,
Surgir de l'herbe sèche et des flaques d'eaux vertes
D'autre arbre que le pin avec sa plaie au flanc.
Théophile Gautier-1840

Cette  assimilation des Landes de Gascogne au désert du Sahara fut à son paroxysme au milieu du XIXe siècle, avant les grands travaux d’assainissement, de stabilisation de dunes, et de mise en valeur forestière au cours du second Empire.
Il faut se souvenir qu’à la foire de Bordeaux en 1859, les Landes furent regroupées à l’Algérie et au Maroc au sein du pavillon colonial.


"Les historiens rapportent que lorsque les Maures furent chassés d'Espagne, ils s'adressèrent à la cour de France pour obtenie la permission de s'établir dans ces landes et de les cultiver, et que la cour fut fort blamée de leur avoir refusée. Il parait qu'on prenait pour certain qu'elle ne pouvaient pas être peuplées de Français, conséquemment on aurait plutôt du les donner à des Maures que de les laiser en friches"
Arthur Young - Voyages en France 1794

A ce désert, ne manquaient plus que les chameaux. Alors ce fut fait.



"J entrais dans un désert triste comme la mort. Je ne vis devant moi qu'une vaste plaine d'une couleur terne comme la feuille sèche, cernée par une ligne noire que dessinaient à l horizon des bois de pins, et çà et la quelques étables perdues au loin dans cette immense solitude.J'aperçus au loin une petite caravane pareille à celles que j'avais vues aux environs de Tunis. Je crus un instant être le jouet d'une illusion, mais non, c'était bien une troupe de cinq chameaux qui allaient porter du fer à Bordeaux, et s'avançaient en bramant avec une sorte de tristesse ... Cette scène au milieu d'une vaste lande aurait pu transporter un instant l'imagination dans le déserts de l'Afrique; mais l'illusion n'était pas complète: il manquait au tableau les reflets du soleil d'Orient; il manquait surtout le chamelier...  Le conducteur des chameaux ici n'était qu'un vil bouvier; la présence de ce paysan suffisait pour ôter au  spectacle toute sa poésie. Plus tard, j ai revu les mêmes chameaux errer seuls dans les bois de pins de M. Lareillet"

J.L Lugan, se rendant de Bordeaux à  Pissos ( Gazette de France 1847)


Sans doute inspirée par la Campagne d'Egypte, puis la conquête de l'Algérie, une expérience consista, en effet,  de 1803 à 1865, à tenter d’acclimater des dromadaires dans les terres sauvages des Landes.

Ces animaux  étaient censés y accomplir divers travaux, notamment le transport plus rapide des produits agricoles ou industriels du pays, isolé par l’absence de véritables voies de communication, vers Bordeaux ou Bayonne. De même on songea qu'ils seraient adaptés pour le nettoyage de la forêt.

Antoine de Sauvage, grand propriétaire landais, se lance dans l’aventure en 1827 et les premiers animaux exotiques venant d'Egypte débarquent à Bordeaux

Cette idée est reprise lors d'un séjour en Afrique en qualité de commissaire après la conquête de 1830 par Justin Laurence, avocat et député des Landes natif de Mont-de-Marsan. Le Ministre de l'Intérieur Guizot cautionna l'expérience, et ainsi quatre chameaux arrivèrent à Mont-de-Marsan en 1834. D’autres propriétaires forestiers, tel le maître de forges Dominique Lareillet à Ychoux, en font venir d’Algérie.

Malheureusement, ou pas, cette mode resta éphémère. L’expérience  va bien se poursuivre quelques années avec un succès tout relatif. Certains de ces animaux finiront  dans les cirques ou ménageries, d' autres subsisteront quelque temps dans de maigres troupeaux jusqu'en 1865, date à laquelle les dernières bêtes périrent, affaiblies, mourant de froid, rongées par l’humidité ou décimées par la tuberculose.

Ce fut un échec, qui empêcha cependant qu’on puisse voir aujourd’hui, sur ces montures, des caravanes de touristes parcourir les dunes du littoral !

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1790 - Les pierres venues du ciel.



Le samedi 24 juillet 1790, entre neuf et dix heures du soir, on vit paraître dans le ciel landais un globe de feu très considérable  qui fut aperçu depuis Dax jusqu'à Agen. On le vit à Mont de Marsan, Tartas, Saint-Sever, et  Aire.II laissait sur sa route des traces lumineuses de son existence. Puis une explosion formidable se fit entendre, accompagnée d'une grêle de pierres qui tombèrent sur plusieurs points différents de la région.


Ainsi, M. Basquiat, député à l’Assemblée Nationale, évoque l’effroi des Dominicains de l’abbaye de Saint-Sever qui en furent quittes pour une grande quantité de poussière qui leur tomba dessus à la suite de l’explosion.

L’ingénieur Antoine Lomet, qui se trouvait à Agen, rapporta qu'avait paru un globe de feu très éclatant traînant une longue queue qui dura assez longtemps puis une explosion  pour jeter l effroi parmi les habitants du pays, puis décrépita et disparut. Quelques jours après les paysans apportèrent des pierres qui provenaient du météore mais on se moqua  d’eux et de cette fable.

Dans le tome LVI du Journal de Physique, le comte de Bournon, éminent minéralogiste,  écrit que M. de Saint-Amand, professeur d’histoire naturelle à Agen,  lui apporta le fragment d’une pierre tombée près de Roquefort. Elle avait, dit on, écrasé une chaumière, fait un trou d’environ cinq pieds de profondeur et tué le métayer et quelques pièces de bétail. Un de ces fragments d’environ quinze pouces de diamètre, découvert  quelques temps après  dans les décombres d’une chaumière incendiée par ce tonnerre avait été déposé au Muséum de Bordeaux

La plupart de ces pierres pesaient un demi-quart de livre; plusieurs pesaient une ou deux livres, mais on assura qu'il y en avait une du poids d'environ vingt-cinq livres, qui fut portée comme une curiosité à Mont-de-Marsan. M Carris, député à l'Assemblée Nationale, en avait apporté plusieurs à Paris, dont deux pesaient vingt-cinq à trente livres.

Pierre Darcet, curé de Labastide d’Armagnac envoya une de ces pierres à son  neveu, le fils de l’illustre chimiste landais Jean Darcet, en lui précisant que lors de leur chute elles étaient dans un état de mollesse pâteuse :

 « Il y en a, dit-il, qui sont, tombées sur des pailles, et ces pailles, se sont attachées à ces pierres  et, comme identifiées. [...] Celles qui sont tombées sur les maisons ne rendaient pas, en tombant, le son d'une pierre, mais celui d'une matière qui n'est pas encore bien compacte. »

Les comptes rendus qui évoquent ces chutes de pierres proviennent plutôt de l’Armagnac et du Gers, vers Barbotan, Lagrange de Julliac, Créon,. Mézin, Eauze. Elles sont d’ailleurs citées dans la Bibliothèque Britannique (n° 54) sous le nom de pierres d’Agen


A l’époque, l’idée que des pierres puissent tomber du ciel paraissait si suspecte qu’on se contentait d’en nier l’existence. Aussi, les divers procès verbaux d’observation ne furent considérés que comme des preuves de la crédulité des habitants des campagnes et traités comme des attestations mensongères ou du moins illusoires. M. Saint-Amand, professeur d’histoire naturelle d’Agen, décréta qu’il s’agissait là de récit engendré par l’imagination chez des gens crédules. Les faits rapportés, d’ailleurs parfois contradictoires,  furent regardés par les scientifiques tels le physicien Pierre Bertholon (Journal des sciences utiles n°23 et 24 en 1791), comme faux et physiquement impossibles.

Pourtant, les observations répétées et l’examen de pierres recueillies  finirent par attirer l’attention sur ce phénomène et changer les idées reçues des sceptiques. M. Saint-Amand lui-même changea d’opinion et écrivit : “quelque absurde que paraisse l’allégation d’un fait en physique, il faut suspendre son jugement et ne point se hâter de regarder ce fait comme impossible.”

Cela donna alors lieu à de multiples interprétations, hypothèses et explications plus ou moins fumeuses. L’origine extra terrestre n’est évoquée qu’à partir de 1794 et n’est finalement admise qu’au milieu du XIXe siècle

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1705 - Doazit - Le chevalier de Candale ne plaisante pas

" Dans le mois de juillet 1705, Mr le vicomte daurice, conseiller au parlement de guiene, aiant fait passer la terre de doazit au décret, envoia une trentaine de sergents et recors pour s'en mettre en pocession. M. le chevallier de Candalle, dernier de sa famille et encore jeunne homme leur fist fermer les portes qu'ils n'osèrent pas forcer, et s'estants mis en chemin pour aller enlever la moisson dans quelque maiterie du costé de caupenne, M. le chevalier de Candalle monta à cheval en veste, prétextant une chasse, quoy qu'il eût les pistolets, et, aiant ramassé quelques peisants qu'il sçavoit résolus, il coureut avec sa troupe après les sergents qui, se voiant poursuivis, ils se réfugièrent dans la basse-cour d'une maiterie appelée au basque, sur le bord du grand chemin de larbey : ce fust là le champ de bataille. M. le chevallier menassa dabort les sergens, et leur demenda leurs armes, qu'ils refusèrent de rendre, et firent tous la décharge sur luy, il eut son cheval tué entre ses jambes et luy mesme blessé, si cruellement que ce fust un miracle, ou pour mieux dire une chose inespérée de le voir deux ans après entièrement remis, aiant eu son bras gauche massacré, et ses cuisses rompues. Les peisants à la veue de ce triste espectacle, et voiant leur conducteur terrassé, firent leur décharge, et en tuèrent cinq sur la place, et poursuivirent les autres par les taillis, champs et vignes, tuant ceux qu'ils pouvoint joindre, qu'ils jettoint dans les focés, ce qu'il y eut de positif que peu de cette troupe des sergens se retirent ches eux, sans qu'on ait sceu ce qu'ils deveirent à la réserve des cinq qui restèrent sur le champ de bataillen que la justice de St-Sever, et celle de doazit, vinrent visiter successivement; il est vray que, quelques jours après, les chiens du voisinage du basque aportoint ches eux  des lambeaux de cadavre qu'ils trouvoint dans les focés; un deux contrefit le mort jusques à l'arrivée de la justice, il fust traduit aux prisons de doazit, où il resta deux ans, puis on le laissa échaper; cette action resta impunie, et ne sen dit pleus rien ,que si elle avoit esté entre des souverains,. Mr le chevallier de candalle sen fust quelques années après au service et moureut de la fièvre, avec un transport au cerveau, à hedin. "

Extrait  d'un manuscrit anonyme du XVIII ( famille de Laborde de Peboué) 
dont la transcription figure dans un article de M. Léon Leon-Dufour 
dans le Bulletin de la Société de Borda de 1896 

repris par Philippe Dubedout
 sur son site consacré à Doazit
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1660 - Mugron - Le crime de Mouchon.

"Je bous beux parler d'un accident qui  est arribé à Mugron car il y a un metadier dans une métairie de M. Lamoulié, juge de Mugron, un peu plus bas du bourg de Mugron, appelé au Mouchon, lequel métadier avait une fille, qu'il a mariée avec un homme, et demeuraient tous deux dans ladite métairie, et il est advenu que la fille, après avoir eu deux enfants dudit mariage, elle est morte, et les hommes tant beau-père que beau-fils estaient ensemble dans ladite métairie, mais ils ne bibaient pas bien ensemble, et fesaient souvent du bruit entr'eux; et il advient que le soir du 28 nouvembre de l'année 1660, le beau-père estant au lit, l'a allé murtrir dans le lit de coups sur la teste, et enfin l'a estranglé et l'a chargé sur lui et l'a pourté à l'Adour, un peu plus bas du port de Mugron, là estant, il l'a dépouillé tout nud et l'a mis dans l'Adour.

Ils avaient une chambrière qui estant à l'ore de ce meutre couchée dans un autre lit avec lesdits deux enfants, qui entendaient crier l'homme qui morait. Elle se leva de bon matin, elle va dire qu'elle avait entendu crier l'homme. La justice alla prendre le meurtrier, et l'ayant mis en prison l'homme confessa son crime, et dit qu'il était bray qu'il l'avait tué et porté à l'Adour, et le 9 decembre 1660 le mort s'est trouvé dans l'Adour tout nud, comme le meutrier l'avait dit, et a esté enterré dans le cimetière de Mugron, et le meurtier est en prison.

La justice de Mugron l'a condamné a être escouartéré; il a été mené à Bourdeaux en appel et a esté roué à Mugron le 26 de janvier 1661, à la place aupres d'oun venden les pourçons".

extrait du journal d'Henry de Laborde-Peboué
(baron de Cauna -Armorial des landes -T 3- 1869)
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petit supplément 

"Le 7 avril 1661, à Mugron y a eu grand désordre, car à ce qu'on m'a dit, il y a eu quelque dispute entre M. Lamoulié juge de Mugron et le fils de M. Darbo, en telle sorte que M. Darbo et M. de Roy et aussi M. de Larrhède, avocat, s'y sont rencontrés, de façon que deux fils de M. Darbau sont esté tués en cette mauvaise rencontre et ledit Darbo blessé et mourt".
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1568 - Tercis - Etonnant, non ?

" En ce lieu de Tersis (à une lieue d'Acqs) est né un géant ou enfant monstrueux, encore vivant en l'an 1568, grand et fort comme un homme, ayant les parties honteuses couvertes de poils, fort gros de tous membres, et la vois grosse plus qu'un homme de XXV ans, qui souslevait et tenoit seul sur ses eppaules deux boysseaux de bled à l'age de 30 mois. La feûe Reyne de Navarre le faysoit nourrir pour estre monstrueux"
André de la Serre - De la ville d'Acqs en gascoigne ( BNF coll Gaignieres)

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1627 - Capbreton - Le naufrage de la caraque portugaise


Deux imposants vaisseaux portugais- dits alors caraques - qui avaient quitté les Indes Orientales et le port de Goa en mars 1626, chargés de trésors et richesse de l'Orient, étaient parvenues en Galice, et relâché devant la Corogne, en octobre. Face à la menace des corsaires anglais et hollandais, elles se protégèrent au port du Ferrol, plus sûr, par ordre du roi d'Espagne.maître du Portugal. Ce n'est qu'à la fin décembre, et escortées par six galions de guerre, commandés par le général de l'armée navale portugaise Joao de Meneses, qu'elles se mirent en mer pour regagner le port de Lisbonne .Mais le mauvais temps obligea dans un premiers temps les navires à prendre le large pour gagner le Cap Finistère. Mais cette flotte fut prise au piège d'une exceptionnelle tempête dans le Golfe de Gascogne, et pendant plusieurs jours détournée de sa route par les vents puis dispersée par la tourmente. 

Une des deux caraques; la "La Santa Helena", de 1800 tonneaux, entraînée par les courants, s'échoua à trois quart de lieue  de Capbreton le 11 janvier 1627. Le galion amiral qui l'escortait échoua entre Ciboure et Saint-Jean-de-Luz, un autre sur la cote landaise, terre du vicomte d'Uza, et le troisième vers le pays de Buch. La seconde caraque, le "Sao Bartolomeu",  chargée de trésors  eut le même sort ,deux jours après, vers la Teste, ainsi que trois autres galions, sur la cote du Médoc, entre Lesparre et Castelnau 

Ce fut un des plus grands naufrages de l'histoire de la marine portugaise qui provoqua la mort de près de 2000 hommes dans les galions et environ 700 à 800 dans les caraques, dont plusieurs seigneurs et gentilshommes embarqués, pour moins de 300 rescapés. 
   , 
Les pertes furent considérables, pour le valant de 15 à 16 millions de livres.Des centaines de canons ont été engloutis, ainsi que d'importantes quantités d'épices, poivre, girofle, cannelle, d'or, de diamants, d'étoffes, soies …et une énorme quantité de diamants puisque chaque caraque transportait un coffre rempli de diamants bruts pour la reine d'Espagne. Cette perte fut estimée à huit millions d'or de marchandises: diamants bruts, pierreries fines, soies crues et travaillées, draperies de soie, velours, damas, satins, taffetas, broderies, manufactures de la Chine (garnitures de lit, tapisseries, meubles) ambre muscade,civette drogues diverses, bois de senteur, etc.....

Un inventaire des pertes de la Santa Elena mentionne 9000 quintaux de poivre, 1000 quintaux de girofles et muscades,3000 cuirs de cannelle,3000 malles de fil de coton, 6 quintaux d'ambre gris, pierreries de corail et de cristal, tableaux, tables, cabinets, mayettes, chalis coupés, boites, pupitres d'église, bouteilles d'artifices inestimables et de petits gobelets ou tasses de porcelaine, le tout en pièces et fracassé,garnitures de lit, taffetas, damas, couvertures de lin .. et autres curiosités et gentillesses, tapisseries, tapis, soies écrues de toutes couleurs, la valeur desquelles leur maître apprécia à plus de 500 000 livres, ocre et cire rouge ardente à cacheter les lettres pour plus de 10  000 écus. Le total de la caraque fut apprécié à 2 millions d'or, compris le corps du vaisseau, 

Les quelques survivants qui rejoignent, épuisés, les côtes furent, dit-on, dépouillés, parfois « estourbis », par les habitants des côtes des Landes et du Médoc, accourus et empressés de fouiller les épaves et les meubles fracassés.Les jours qui suivirent furent en effet l'occasion d'un grand pillage de ce que rejetait l'océan.On raconte que le sable sable se trouva couvert de poivre, de cannelle, d'encens et d'ambre gris pendant que les vagues charriaient des meubles fracassés et rompus, et que des ballots de tissus et de fils jalonnaient quelques kilomètres de plage.


Accoururent aussi, pour empêcher les désordres et mettre fin au pillage, mais aussi pour revendiquer leur droit côte sur les bris et épaves des naufrages sur leurs terres, le comte de Gramont, gouverneur du Béarn, pour faire décharger la Santa Helena, et le vicomte d'Uza, seigneur de Biscarrosse, Honoré de Lur-Saluces pour récupérer le débris d'un galion. De son coté, en Médoc, le duc Le duc d'Epernon, Jean-Louis de Nogaret de La Valette, fit de même, s’appropriant  une bonne partie de diamants.  

Cette affaire fit beaucoup de bruit , jusqu'à la cour de Louis XIII où une partie butin récupéré suscitait bien des convoitises.Le cardinal Richelieu mettra tout en œuvre, en vain, pour dépouiller le duc d'Epernon de son butin. De même, le vicomte d'Uza rechigna longtemps à restituer les douze canons de fonte qu'il avait récupéré, et que Louis XIII  voulait faire conduire à Bayonne pour armer les vaisseaux de la marine royale. A son tour, le roi d'Espagne réclama également  la restitution des débris.

Pour en savoir plus
Le naufrage des Portugais sur les côtes de Saint-Jean-de-Luz & d'Arcachon (1627) Jean-Yves Blot, Patrick Lizé
Editions Chandeigne, 2000. 
Histoire des Naufrages sur le Littoral landais  J.-J. Taillentou -PyréMonde- 2005.

" Les habitants des villages les plus rapprochés du littoral racontent de lugubres histoires qui font dresser les cheveux et, si l'on en croit les mauvaises langues, il y aurait toujours parmi les riverains des hommes qui regrettent ce bon vieux temps de pillage et de meurtre"   Elisée Reclus (Revue des Deux Mondes 1864)





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1909 - Misson - Le choc des locos

Le 16 janvier 1909, vers 6 heures 40, sur la ligne à voie unique de Dax à Puyo, au Km 273, après le tunnel de Misson-Habas, s'est produit une collision frontale entre le train omnibus 301 et l'express 516 venant de Dax .


Les deux locomotives, l'une dans l'autre, ont été complètement détruites. Le mécanicien de l'omnibus est tué ( les autres ont sauté sur les bas-cotés), ainsi qu'un passager.. Trois employés et neuf voyageurs ont été blessés dont quatre très grièvement (un succombe quatre jours plus tard)



Dans le train 516 se trouvait l'américain Orville Wrignt pionnier de l'aviation , fondateur avec son frère d'une école de pilotage à Pau. 


on se rend mieux comte de l'époque !

Le 31 mars de la même année, un train de marchandises déraille sur la ligne Bordeaux-Bayonne, entre les gares d'Ychoux et de Labouheyre, tuant le chef de train.


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1760 - Lüe - Assassinat de M. de Pic de Blays

Le 21 juin 1760 était inhumé sous les dalles de l'église de Labouheyre  le corps de Bernard de Pic de Blays de la Mirandole, écuyer, capitaine commandant les gardes cotes du Born, seigneur de Lue.Le registre paroissial ajoute " fut trouvé la veille mort sur le chemin qui va du quartier de Gouaillard ( Gaillard actuel) à l'église de Lue".


(source A D Landes)

maison de Pic de Blais ( photo F. Arnaudin)

Selon le récit recueilli par Felix Arnaudin, un chevrier habitué à laisser errer son troupeau librement fit pacager ses bêtes vers le hameau de Hideou dans un semis de pin  dont M de Blays en avait interdit l'abord. Surpris et pressé durement par ce dernier inspectant les lieux à cheval, le chevrier abattit son agresseur d’un coup de fusil. Le berger landais avait sa fierté ! Le cadavre fut retrouvé par les gens du hameau de Gaillard sur le bord du chemin menant à l'église de Lue, tandis que le cheval rejoignait seul la maison noble . Le chevrier ne fut jamais revu.
( voir Revue de Gascogne -tome XIV- 1873 page 259)


Dans le même esprit, Arnaudin évoque une grande maison de maître au lieu-dit Jan, entre Lue et Escource(1), ou vivait vers 1689 et 1720, une riche dame présentée comme une descendante des Pic de la Mirandole ( serait une Mme Fayard née Rauzet, de la famille De Rauzet de la caverie de Fourcs à Escource
Cette noble dame fabriquait de la fausse monnaie qu'elle écoulait ensuite à Bordeaux. A cet effet, elle y envoyait des valets porteurs d'une lettre ordonnant leur assassinat par le réceptionnaire, si bien qu'ils n'en revenaient jamais. Mais un jour l'homme chargé du transport des pièces sachant lire et découvrant le contenu de la lettre qu'il portait, la dénonça. Bénéficiant d'amis et protecteurs la dame fut prévenue, s'enfuit et disparut à jamais.
On racontait par ailleurs que les voyageurs qui demandaient l'hospitalité dans sa demeure y étaient dévalisés et assassinés, si bien que l'emplacement de la maison abandonnée puis disparue continua longtemps à inspirer la terreur.

(1) Airial, près du ruisseau de Jean, à côté de la route qui conduit d'Escource à Lipostey et à quelque distance à l'est du vieux chemin de la Moulasse à Lipostey en passant par le moulin de Luë.

Source:
Félix Arnaudin , Choses de l’ancienne Grande Lande(1919)
Bernard Traimond - « Une femme faussaire dans les Landes de Gascogne sous l’Ancien-Régime »


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1816 - Saugnac - Assassinat du Dragon

Lors de la retraite de l'armée napoléonienne d'Espagne, poursuivie par les forces alliées du duc de Wellington pendant l'hiver 1813-1814, un détachement de dragons fut cantonné pendant quelques jours dans la commune de Saugnac, près de Dax. Un militaire de ce détachement  logea avec un autre camarade  chez Jean BEGU dit l'Anyou, un tailleur de 50 ans. Or ce jeune dragon s'avéra détenir beaucoup d'or et d'argent dont il  disait s'être emparé dans un caisson lors de la bataille de Vitoria. On raconte qu'il portait toujours sur lui, ostensiblement, une quantité considérable de "quadruples" d'or qu'il ne manquait pas d'étaler à la vue de nos pauvres landais.

Au moment de quitter précipitamment Saugnac avec son corps, il enfouit par prudence cette petite fortune sous un poirier du jardin de son hôte, dans l'espoir de venir le récupérer dans des temps meilleurs.

Ainsi, la guerre finie , deux étrangers se présentèrent  effectivement au cours de l'année 1815 chez un voisin pour effectuer des fouilles et tenter de découvrir les objets cachés par un militaire qu'ils disaient être leur frère. Mais ils demandèrent en vain l'entrée dans le jardin dudit Begu, et se retirèrent comme ils étaient venus.
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Or voilà que deux ans après l'enfouissement du fameux trésor, au soir du 7 octobre 1816, un fier étranger, de fait notre dragon, réapparait à cheval  près de Dax, sur le chemin qui conduit à Montfort et s'informe de la route du pont d'Oro auprès d'un nommé Lespez qui lui déconseille de poursuivre le soir vers cet endroit déjà de réputation douteuse et dangereuse pour les voyageurs situé à une lieue de là. Invité à passer la nuit à Dax, l'homme se dit pressé et poursuit son chemin, et finit par parvenir à la maison Begu à la nuit.

Le lendemain soir,  un jeune enfant traversant le magnifique et sombre bois de chênes  d'Oro aperçoit près de la rivière du Leuy les restes d'un feu allumé avec de la paille, un morceau de bougie, des bouts de ficelle, les traces fraiches d'un cheval, mais aussi  des taches de sang conduisant à la rivière où un corps parait avoir été jeté. Effrayé, l'enfant se hâte de retourner chez lui pour en faire part à ses parents.

Le jour suivant on fouille donc l'endroit et la rivière d'où on retire effectivement le cadavre d'un homme nu, lesté de deux sacs remplis de pierre attachés à sa tête et à ses pieds ( pierres qui se révèleront plus tard avoir été arrachées du pont à la houe, selon un témoin)  Le cadavre a en outre  une corde avec un noeud coulant à son cou, et une longue barre de bois fixée derrière son corps. Sa figure, ses cheveux, ses mains sont partiellement brûlés.

Le corps n'est pas réclamé, mais les habitants, venus en nombre voir cette macabre découverte, s'accordent assez facilement sur l'identité entre le dragon jadis logé dans le village, celui aperçu le soir du crime , et le cadavre;  les trois étant de la même forte constitution, également blonds, et  tous trois avec le signe particulier d'une dent manquante.

L'inspection du cadavre confirme que l'homme est mort par strangulation, que les brûlures à la face et aux mains ont été faites après la mort pour sûrement le défigurer et le rendre méconnaissable, et qu'enfin il a bien été lesté pour rester au fond de la rivière boueuse.

Cent douze témoins sont entendus pendant l'instruction de cette affaire, et certaines langues finissent par se délier

Un nommé LESLUYE a confié à un témoin que, se trouvant cette nuit-là chez le nommé Etienne LAFOURCADE, 65 ans, qui tient un cabaret dans une maison voisine  de celle de BEGU, il a entendu le second dire au premier qu'il y avait un bon coup à faire, et que plus tard, étant sorti, il a vu ces deux hommes et un nommé DUGERS portant un cadavre dans la forêt et le pont d'Oro. Mais ledit LESLUYE meurt presque subitement après avoir été menacé par BEGU.

DUGERS, dit Yan-Gouarde (ou La Gouardère), le troisième homme de la bande aurait revendiqué une part du butin. Un nommé CASTELBON affirme effectivement l'avoir entendu dire  aux deux autes: " Vous avez eu 12 000 francs je veux ma part, autrement je dis tout". Il a juste le temps de confirmer à des témoins que le crime a bien été commis chez  LAFOURCADE, qu'il y était, et qu'il fut lui-même chargé de tuer le cheval de la victime, de le dépecer et le jeter par quartiers dans la rivière. Mais il est mystérieusement blessé mortellement par une cause inconnue et expire, dans les bras d'une jeune fille à laquelle, en l'absence de curé, il souhaite se confesser.

Un autre témoin nommé DESBORDES  qui a des choses à dire, cité par le juge d'instruction, pâlit, chancelle, et tombe subitement raide mort alors qu'il dépose.


Finalement, les multiples auditions permettent de cerner le déroulement des atroces évènements de cette nuit tragique.


Après avoir retrouvé le trésor caché dans le jardin, notre riche dragon aurait été conduit par Jean BEGU à l'auberge d'Etienne LAFOURCADE  pour y souper et y passer la nuit.  C est là, qu'à la fin du souper, il aurait été saisi par LAFOURCADE, BEGU, et DUGERS,  lesquels auraient passé un lacet à son cou pour l'étrangler et l'étouffer, à la seule fin de s'emparer de son pécule. La dame LAFOURCADE qui  aurait assisté à cette scène, se serait même assurée que la victime était bien morte" en faisant dégoutter sur sa langue le suif brulant d'une chandelle"
S'agissant d'un étranger au pays que personne ne réclamerait, on tenta ensuite de faire disparaître le corps dans un lieu isolé bordé d'une grande foret , en le jetant nu et défiguré, ligoté, et lesté, dans la rivière du Luy. toute proche.

 On a cherché par tous les moyens possibles à découvrir quel était l'individu homicidé; son signalement a été mis dans les journaux, mais ces recherches ont été sans résultat.

Un jugement de la Cour d'assises de Mont-de-Marsan en date du 8 juillet 1823, condamna à mort BEGU et LAFOURCADE . Ils furent  guillotinés en  place publique à Dax le 4 octobre 1823.


Saugnac
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1798 - La présumée sorcière


" Que les lumières et la raison sont lentes à pénétrer dans les campagnes ! Le tribunal criminel des Landes vient de juger une affaire qui est un vrai scandale pour la Philosophie.

Deux cultivateurs, mari et femme, gens simples, crédules, ayant, comme on le pense bien, la tête farcie d'opinions bizarres et ridicules, s'étaient persuadés qu'une vieille femme qu'on disait sorcière, avait rendu malade un de leurs enfants.Cette prétendue sorcière ayant été chez ces cultivateurs pour voir le malade, ces gens aveuglés la pressèrent vivement de rendre la santé à leur enfant, en ajoutant que si elle s'y refusait ils allaient lui couper un bout d'oreille, parce qu'ils savaient, disent-ils, que lorsqu'un sorcière veut pas rendre la santé à celui qu'il en a privé,un petit morceau de chair suffit pour opérer le même effet. En vain cette femme protesta qu'elle n'était point sorcière et qu'elle ne pouvait rien sur la santé de leur enfant, on allait exécuter la menace, lorsqu'elle déclara qu'elle préférait qu'on lui coupât un petit bout du doigt; ce qui fut fait. Ce morceau de chair de la prétendue sorcière n'empêcha pas l'enfant de mourir.


Ces deux infortunées victimes de la plus déplorable ignorance ont été traduites devant le tribunal criminel des Landes qui, après de longs débats, et sur la déclaration du jury, les a condamnées à 4 ans de détention".

Extrait du n°10 du journal La Décade philosophique, littéraire et Politique - Paris- en date du 10 Nivose An VII
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1876 - Fargues - Apparitions ?


Le 3 juillet 1876, Catherine Ducla et Jeanne Cazade, deux jeunes filles d'une dizaine d'années  se rendant à la fontaine du village,.l'une d'elles aperçut en chemin, dans une cavité,  un personnage mystérieux vêtu de blanc ayant sur la tête une couronne brillante et un long voile blanc.  Cette apparition ébruitée, les enfants de l'école et du catéchisme, curieux , se rendirent sur le lieu, mais seule la petite Cazade revit l'apparition sous la forme d'une main blanche. Les dites apparitions se renouvelèrent cependant jusqu'au 16 juillet, et même, dit-on, jusqu'au 24 août 1877. La population locale instruite de ces faits afflua alors sur les lieux et il est de tradition que plusieurs malades ou infirmes ont été guéris grâce à l’eau de la source où se produisaient ces apparitions, alors que d'autres virent leurs vœux exaucés.

Cependant l'église catholique ne reconnut pas les faits considérées comme sataniques, ou à tout le moins supercherie inspirée par le phénomène de Lourdes. Il est vrai que la première apparition prétendue coïncidait avec la date de la consécration de la basilique et du couronnement de la statue de Notre Dame de Lourdes
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1522 - Le trépas du maréchal de Châtillon

Un pour qui la traversée des Landes fut particulièrement difficile fut le maréchal de Châtillon, Gaspard Ier de Coligny, pendant l'été 1522 

Ce conseiller et chambellan des rois Charles VIII et Louis XII qui avait participé en 1515 aux guerres d'Italie, la conquête du Milanais et la bataille de Marignan, avait été  promu maréchal de France  par François 1er. Après avoir pris part aux opérations militaires en Champagne et sur la frontière des Pays-Bas, il fut envoyé François 1er en Guyenne à la tête d'une armée pour aller au secours et ravitailler la place de Fontarabie occupée depuis l 'année précédente par le seigneur du Lude, lequel était en grande difficulté et  impuissant à supporter plus longtemps les attaques des bandes espagnoles qui l'assiégeaient depuis plusieurs mois. 

" Mais estant arrivé le dit  mareschal de Chastillon à Dax, six lieues au deçà de Bayonne, le  print une maladie qui tant le persécuta, qu'il en mourut;  qui fut grande perte, pour estre homme expérimenté et de crédit". (Mémoires de Martin Du Bellay)

Accablé par les fatigues d'un voyage précipité, il fut atteint d'une fièvre maligne, à Dax, où il dut forcément s'arrêter. Accueilli sous le toit de Bernard de Casalar, lieutenant du prévôt de la ville, il dicta son testament  et succomba  le 24 du même mois  après neuf jours de maladie.

Son corps fut ramené à Châtillon-sur-Loing pour y reposer dans la chapelle du château.
 « M. le mareschal de Ghastillon a esté en son temps un bon et sage capitaine, du conseil duquel le roy  s'est fort servy tant qu'il a vescu, comme il avait raison, car y il avait bonne teste et bon bras. (Brantôme).

Il fut remplacé aussitot par Jacques de Chabannes, le fameux seigneur de la Palice qui prit le commandement de la nouvelle armée et acheva la tâche
Son son beau-frère, le non moins célèbre et puissant Anne de Montmorency, ami intime de François 1er, pris le bâton de maréchal laissé vacant.
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1802-1803 - Attaques des loups à Linxe, et l'enragé de Rion


Journal des débats du 17 juin 1802

Une prodigieuse quantité de loups exerce ses ravages dans plusieurs cantons de la Lande. Dans la seule commune de Sabres, ces animaux carnassiers ont enfoncé depuis quatre mois 47 parcs ou bergeries fermées, et ont dévoré 515 moutons et brebis. Ils ont aussi dévoré dans la campagne 13 jeunes poulains d’un mois et un mois et demi. Ils se réunissent souvent 4 ou 5 ensemble pour enfoncer les parcs

Journal des débats du 11 décembre 1802

Les loups continuent leurs ravages dans ce pays ; on vient encore de recevoir du sous-préfet du troisième arrondissement, les détails affligeants qu’on va lire

Mont de Marsan, 10 frimaire

Le 5 du mois, un berger de la commune de Linxe était tranquillement assis, gardant son troupeau, lorsqu’un de es loups furieux, au lieu d’assaillir les brebis, s’élança sur le gardien, qui était sans armes, et qui n’eut d’autre ressource ue de lutter contre lui corps à corps. Il le tint longtemps à la gorge, mais personne ne venant à son secours, malgré ses cris, fut obligé de lâcher prise, épuisé de fatigue, couvert de sang et de blessures. L’animal le quitta, et peu après, sans la forêt de Bordecq, il fit prendre la fuite à un troupeau de moutons, et se jeta sur le berger, âgé de 37 ans, qui se battit aussi corps à corps, et reçut treize blessures dangereuses ; ensuite sur un autre berger,âgé de 72 ans, qu’il terrassa et blessa plus grièvement encore que le premier

Dans la nuit du 3 au 4, il revint dans la commune de Linxe et dévora les chiens du C. Caillabe, brisa avec ses dents une petite porte de la cour, et se précipita sur la porte d’entée de la maison, u’il s’efforçait d’enfoncer, avec des hurlements affreux. Plusieurs habitants accoururent aux cris d’une servante couchée dans cet endroit, et quelques coups de fusil tirés en l’air, firent fuir l’animal, mais pour quelques instants seulement, et ayant trouvé dans la cour les mêmes personnes qui étaient revenues avec de la lumière, il se jeta sur elles, et la lumière s’étant éteinte, il attaqua et terrassa successivement les quatre  domestiques du C.Caillabe, dont deux sont blessés mortellement.

Le lendemain, à huit heures du matin, le C Andrieux étant occupé à décharger une voiture de fumier, ce même animal s’élança sur lui par derrière, le renversa sous l’un de ses bœufs et le mordit aux deux bras et au ventre, sans faire de mal aux bœufs, qui étaient attelés. Heureusement Andrieux ne perdit pas la tête, et s’étant relevé, il saisit le râteau à dents de fer qui était sur la voiture, et à l’instant où le loup allait de nouveau s’élancer sur lui, il lui lança avec force le râteau, t l’ayant accroché par le museau, il lui serra la tête contre terre, en appelant au secours. Le C Robert, qui se trouvait près de là, accourut à lui, armé d’un fusil, et d’un coup à out portant, tua l’animal furieux et délivra ainsi le pays des nouveaux ravages auxquels on devait s’attendre.

Le préfet vient d’accorder une gratification extraordinaire de 150 francs aux deux citoyens qui ont rendu un service aussi signalé ; les officiers de santé emploient tout leur zèle au traitement des blessés, et les secours leur sont prodigués de toutes parts.

Journal des débats du 19 février 1803


On a parlé, il y a plus de deux mois, d’un loup enragé qui avait mordu plusieurs individus dans deux communes du département des Landes. Les secours de l’art leur on été infructueusement administrés ; l’un d’aux périt, deux ou trois jours après, des suites de ses blessures ; un second fut atteint, et mourut dans le troisième accès de rage, le trente-huitième jour ; enfin, le premier accès ne s’est déclaré, chez le troisième, que le 10 de ce mois, c'est-à-dire, le soixante septième jour après les morsures qu’il avait reçues.

 Cet infortuné s’est d’abord précipité dans une maison, et il aurait inévitablement dévoré une femme et un enfant, si une foule de citoyens n’était venue à leur secours. On était parvenu à le lier et le garrotter avec des cordes, mais dans un accès de rage, il s’en est dégagé, pour fuir dans les campagnes, où il a répandu la terreur. Parvenu, le lendemain, dans la commune de Rion, près de Tartas, il a quitté une brebis qu’il déchirait, pour courir sur le pasteur ; celui-ci s’est heureusement enfui et s’est enfermé dans la maison de son père, en criant au secours. Mais l’hydrophobe, dont la figure était couverte de boue et de bave, ayant trouvé une hache près de la maison, parvint, par des coups redoublés, à faire sauter le serrure de la port ; le verrou  ayant heureusement résisté, il courut à la fenêtre, qu’il parvint à briser, et il s’introduisit dans la maison pour y dévorer ceux qui s’y trouvaient, lorsque le chef de famille monta au grenier, et pour conserver son existence et celle de ses enfants, il se vit forcé de tirer un coup de fusil sur ce malheureux, qui expira presque à l’instant.


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1937 - Mort d'un petit-fils de Napoléon à Montaut.

Le Figaro du 13 janvier 1937

Oui,  la dépouille d’un descendant de l’empereur Napoleon 1er  repose bien dans le petit cimetière de Montaut , en Chalosse. Il s'agit de Gaston,  dit comte Léon, petit-fils de l’empereur, qui est très loin d’avoir eu la gloire de son grand-père naturel.

Son père Léon, anobli  et richement doté,  était issu d’une brève aventure de Napoléon, au retour d’Austerlitz, avec Eléonore Deruelle de la Plaigne, charmante demoiselle qui était au service de Caroline Bonaparte princesse Murat, en qualité de lectrice et dame d’annonce.  On  sait en effet que si l’empereur n’eut  qu’un seul fils légitime, l’Aiglon, il eut de nombreuses maîtresses. C’est cette Eléonore Denuelle de la Plaigne qui fut la première à lui donner un fils en  décembre 1806, avant être délaissée. Ce fils qui fut  bénéficiaire de rentes et legs importants de son père naturel  mena une vie turbulente  et bohème  jusqu’à finir ses jours  dans la totale misère en 1881 après avoir eu une liaison  avec une jeune couturière  Françoise Jonet, de vingt cinq ans sa cadette, .qu’il épousa en 1862
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Notre Gaston reposant à Montaut, né avant mariage, à Paris le 1er juin 1857.fut légitimé. Mais, sans fortune, il s’occupa modestement  de placement des dictionnaires de la maison Larousse. 

Le 5 janvier 1911 à Paris, il épousa en secondes noces Marie Irma Germain. Il s’installa et  mourut discrètement à l’age  de 70 ans le 3 janvier 1937 à Montaut,. Il y fut inhumé, avec sa seconde épouse.  
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1317 - Mariage princier à Roquefort

Le saviez-vous ?
Un mariage princier eu bien lieu à Roquefort entre le fils d'un roi d'Angleterre et la fille d'un roi de Castille.

Bien sûr, cela n est pas récent. En ce temps là, on était en pleine reprise de la guerre de Cent ans entre le roi Edouard III d'Angleterre et Charles V qui venait de prononcer la confiscation de la Guyenne. Jean d'Angleterre, dit Jean de Gand, fils d'Edouard III  et duc de Lancaste,comte de Richmond, Lincoln, Derby, et Leicester, venait de prendre le gouvernement de l'Aquitaine en y remplaçant son frère aîné  le prince de Galles, le fameux Prince Noir, malade.

Veuf depuis deux ans, il résidait à Bordeaux lorsque son Conseil  et les barons de Gascogne et surtout le maréchal d'Aquitaine Guichard d'Angle, aussi diplomate que militaire, lui suggérèrent un mariage susceptible d'apporter à l'Angleterre le royaume convoité de Castille. Le roi Pierre 1er le Cruel avait été tué en mars 1369 par son demi-frère et rival  (dans la tente de Du Guesclin allié du second). Or, ses deux filles héritières étaient alors réfugiées  à Bayonne où leur père les avait laissé "en pieges en en crant pour grant argent" et."toutes esgarées dont on povoit avoir grant pitié ".

Froissart fait ainsi parler les conseillers du duc:
"Monseigneur, vous estes a marier, et nous savons là un grant mariage pour vous, dont vous ou votre hoir serez encores rois de Castille. Et c'est tres grant aumosne de réconforter et consillier pucelettes et filles de roy, especiaument qui sont en tel esatt comme elles sont.. Si prendés l'ainsnée en mariage, nous le vous consillons, car en present nous ne savons où vous poès plus hautement marier, ne de quoi si grans pourfils vous puist nestre"

Sensible à ces arguments le duc envoya aussitot querrir les deux demoiselles par douze de ses chevaliers.Quand il sut qu'elles étaient en route,  il partit de Bordeaux à leur rencontre ' en grant arroy" et c'est sur le chemin qu'on décida de conclure l'alliance dans le village de Roquefort " où il y a un grand mannoir dou signeur". Ce fut le 21 septembre 1371 que le duc y épousa la soeur ainée, Constance, agée de 18 ans.

"Et eut illuech au jour des espousalles grans festes et grans revieus et fuison de signeurs et de dames pour la feste plus efforcier, et durèrent les noches et les festez bien douze jours". Une autre variante indique :" et là eut grant feste et grant solempnité des barons et des chevaliers, des damnez et des dammoiselles dou pays, et durèrent les noches et les festez bien douze jours"

De nouvelles festivités eurent lieu à Bordeaux. Le duc rejoignit l'Angleterre avec son épouse au début de 1372 . Isabelle, la soeur cadette qui les accompagna, y épousa Edmond, frère cadet du duc et comte de Cambridge, confirmant ainsi l'alliance organisée avec la Castille.

Avant de devenir duc d'Aquitaine, Jean de Lancastre n'abandonnera ses prétentions sur le royaume de Castille qu'en donnant sa fille en mariage au jeune héritier et futur roi de Castille Henri III.( traité de Bayonne en 1388)

le duc de Lancastre
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1918 - Le Cazengo, et le porto venu des flots

Nous sommes un mois avant l'armistice de la Grande Guerre

Parti du port de Saint Jean de Luz dans un convoi de cinq navires de commerces accompagnés d'une canonnière,  en route vers celui de la Pallice, et à destination de l'Angleterre, le Cazengo, cargo à vapeur portugais de 3000 tonnes, fut torpillé dans la nuit du 8 au 9 octobre 1918 à six mille  au large de la cote aquitaine, entre Contis et Mimizan,  par un sous marin allemand U 91.

Quatre hommes de l'équipage furent tués dans l'explosion, les rescapés étant recueillis par un chalutier du convoi avant que le cargo coupé en deux ne coule au nord de la plage de Lespecier,  à moins d'un mille de la côte.

C'est alors qu'une grande partie de sa cargaison composée de barriques de divers vins espagnols, et surtout de plus de six cent fûts de porto, flotta entre deux eaux avant de s'échouer et s'éparpiller sur les plages entre le Cap de l'Homy, Contis et Mimizan

Cet arrivage miraculeux n'échappa pas aux riverains qui le découvrirent au matin du 10 octobre. Pour les gens du pays de Born habitués depuis des siècles à la pratique traditionnelle du droit de naufrage ou droit  de bris ou d'épaves, "se servir" parmi les biens échoués sur leurs plages était légitime, pour ainsi dire un sauvetage.

Aussi, une foule de gens se rua plusieurs jours durant vers les plages, dans la confusion, pour profiter au mieux de l'aubaine. Ce fut alors un vrai pillage, malgré les rondes et interventions des quelques douaniers et gendarmes dépêchés sur place et chargés de la chasse aux pilleurs d'épave ... sans zèle excessif.

On récupéra tout ce que l'on put des pièces, parfois avec difficulté, ou en allant y remplir toutes sortes de récipients,bonbonnes,  bidons, brocs, seaux,  ou bouteilles. On monta sur la dune les fûts qu'on réussit à haler jusque là, pour les emporter par charrettes. On dit même qu'a cet effet on utilisa parfois des sortes de traîneaux tirés par des mules pour progresser dans le sable..

Puis on finit par consommer sur place le célèbre nectar en éventrant à coups de hache les barriques non transportables pour boire ce qui ne pouvait être être emporté. Tout ceci dans une ambiance de joyeuse kermesse .


Toujours est-il qu'on consomma longtemps de ce porto "sau de la mar" dans le pays, pendant plusieurs années, lors des fêtes de famille, noces ou banquets

A lire 
TAILLENTOU Jean-Jacques - Histoire des naufrages sur le littoral landais (1578-1918), Orthez, ed. Princi Neguer, 2008.
DRUHEN Michel - Le naufrage du bateau de Porto - Bull de la Société de Borda, 1966.
MANSIET Bernard - Le triangle des Landes    - éd. Arthaud, 1981. 
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1843 - Un drame aux forges de Brocas

Après quinze jours de fortes pluies, une crue de l'Estrigon, ruisseau sur les rives duquel avaient été établis le haut-fourneau et les forges de Brocas, provoqua une catastrophe meurtrière

Ces forges avaient été fondées en 1832 par Adolphe Larreillet et son frère Camille, industriels fils de Dominique, le fondateur des forges d'Ychoux

Ce dimanche 15 janvier 1843, à deux heures de l'après -midi, voyant son haut-fourneau menacé par les eaux du ruisseau qu'il croyait avoir asservi par de précédents travaux et plusieurs vannes, le maître des forges jugea urgent de lever la lourde vanne de fonte de la retenue d'eau alimentant les installations. A cet effet, il demanda à ses ouvriers de se porter sur le pont de bois de la chaussée reliant les ateliers à la maison du maître des forges, au devant de laquelle se trouvait le bief, et se mit à leur tête pour les encourager. Des curieux s'étant joint aux travailleurs, vingt sept personnes se trouvaient sur le pont lorsque la vanne qu'on tentait de redresser retomba lourdement, ébranla  et fit écrouler la pile centrale en maçonnerie. Le pont entier céda.

Larreillet et les hommes qui s'y trouvaient furent précipités avec les débris puis emportés par les eaux torrentielles du lac de retenue, et se noyèrent.

Après dix jours, et malgré d'actives recherches, les dépouilles de deux des victimes de ce funeste accident ne furent pas retrouvées, dont celle de M Larreillet. Or, on dit que ce jour là, il portait sur lui la paye de ses employés que l’on ne retrouva jamais.

Si bien qu'une rumeur locale a rapproché ces disparitions simultanées du patron et de la paye. Ce rapprochement est d'ailleurs à l'origine d'une chanson nommée La chanson de la noyade de Brocas qui retrace cet épisode. et dont une transcription a été réalisée par le poète Bernard Manciet sous la dictée de son père.

Depuis, un monument en fonte commémore encore aujourd'hui cette catastrophe


Sur cette terre où tout succombe
a disparu sous l'onde
Monsieur Adolphe Larreilhet
avec quinze de ses employés

le 15 janvier 1843

La catastrophe aurait fait au total dix-huit victimes dont Jean Marie François d'Aon baron de Brocas, le Maître de forges et son directeur, plusieurs jeunes charbonniers basques, des rouleurs de mine, des charpentiers, et des meuniers .

Voir le Journal des Landes des 20 et 25 janvier 1843

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1396-1399 - la dispute Saint-Loubouer v/s Geaune


Il y eut manifestement un contentieux et des disputes prolongées entre les habitants de Saint-Loubouer soutenus par les  chanoines  de leur abbaye  ( si ce n'est l'inverse) et la communauté de la ville de Geaune.  Les causes en sont inconnues

C est ainsi qu'un jour, alors que le  bayle royal de Geaune  nommé Richard d'Oysse, "faisait caracoler son cheval" dans une rue de Saint-Loubouer, l'abbé et les chanoines du lieu lui firent enlever son cheval par quelques habitants.

Or, peu après, un des habitants du village, Arnaud de Lafargue, dit Fillot,  s'étant rendu à Geaune, ledit bayle royal le fit arrêter et mettre en prison.

Alors, sa femme, accompagnée de plusieurs complices, dont les plus intrépides,  Fortaner de Laborde et Menot de Moncocut, se rendirent de nuit à Geaune  et se présentèrent devant la barrière fermée de la bastide.(Les portes et murailles de la ville avaient été gravement détruites en 1352 par une expédition des troupes anglaises du sénéchal  Jean de Cheveresdon, et non restaurées après que la bastide redevint française en 1368)

Fortaner et Moncocut firent passer la femme par dessus la barrière , et tous les trois allèrent forcer la prison et enlever avec succès le prisonnier. Avec l'aide de ceux qui étaient restés à l'extérieur, on repassa l'évadé, encore entravé par ses fers aux pieds, par dessus la barrière. Puis la petite troupe nocturne regagna son village.

La réaction des autorités de Geaune ne se fit pas attendre . Dans des conditions non précisées, Menot de Moncocut fut tué par les habitants, Fortaner de Laborde fut pendu, et le fils de ce dernier gravement blessé.

Cet épisode est relaté au folio 29 du Livre des libertés et privilèges de Geaune, dit Livre rouge, recueilli et copié par le feudiste Jean Baptiste Larcher en 1751. Il figure dans son manuscrit conservé à la médiathèque Louis Aragon de Tarbes intitulé Glanage ou Preuves, dont un  "Extrait d'une copie de l'ancien Livre des Libertes et Privilèges de la ville de Geaune appelé le Livre Rouge, lequel a été enlevé des Archives"  (Volume XXIIe pages 116-120).

Lors de sa visite à Saint-Loubouer le 6 juin 1750, Larcher recueillit d'un chanoine une version un peu différente. Le bayle de Geaune aurait ainsi caracolé devant la maison de l'abbé d'une manière si insultante que l'abbé l'avait fait mettre en prison. Les habitants de Geaune n'ayant pu obtenir son élargissement, ni forcer la prison, avaient, en représailles, arrêté dans leur ville des habitants de Saint- Loubouer (Vol. XVI page 430).

En outre, les jurats de Geaune  s'emparèrent pendant trois ans des dimes (part des récoltes payée par les habitants) que le chapitre de Saint Loubouer y levait.
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Les deux communautés opposées finirent par remettre leurs intérêts à la justice et arbitrage d'Arnaud-Guillaume de Lescun, évêque d'Aire, Raymond-Bernard III seigneur de Castelnau,  Pées seigneur de Marsan et à Gassie de Mondée, l'abbé de Saint-Loubouer.
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La sentence fut prononcé le 12 décembre 1399. Les jurats et la communauté de Geaune furent condamnés au paiement de  50 florins d'or d'Aragon; valant chacun six sols bons morlans,  pour le salut des âmes des trépassés, somme que l'évêque d'Aire et le curé de Saint-Loubouer distribueraient comme bon leur semblerait. Le lendemain de la sentence, Pées de Marsan représentant Raymond-Bernard de Castelnau absent,  l'évêque d'Aire, et l' abbé de Saint-Loubouer, jurèrent sur l'autel de l'église de  la collégiale, l'accord et la paix entre les habitants de Geaune et de Saint Loubouer dont "leurs disputes étaient dégénérées en guerre".(hostilités (J.B. Larcher -Vol. XVI, page 100).

Devant consuls, jurats et plusieurs témoins des deux communautés, chaque parent et famille de Menaut de Moncocut et Fortaner de Laborde durent aller, en l'église de Saint-Loubouer, et  par devant notaire,  jurer sur le "Corpus Domini" d'entretenir la paix entre tous points . Des mesures sévères furent  d'ailleurs édictées contre ceux qui feraient renaitre les hostilités (J.B. Larcher -Vol. XXIe, page 258).
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1850-1851 - le tueur à la hache

Un nommé Etienne Macque pasteur de 24 ans, né et domicilié a Arjuzanx, condamné à mort par la Cour d'assises des Landes en octobre 1851 a été exécuté le 26 janvier 1852  sur la place de sa commune d'Arjuzanx, devant une population considérable.

Il a été condamné pour un premier crime commis dans la nuit du 15 au 16 septembre 1851 à ferme de Milianah  (ou Miliana) située sur la commune d'Arengosse ). Un couple et leurs trois enfants  y furent violemment frappées à la hache. Arrêté quelques jours plus tard, il avoua devant le juge de paix d'Arjuzanx.

Il raconta alors  "qu'il était parti de chez lui vers cinq heures de l'après-midi pour aller à la foire de Labouheyre; qu'étant arrivé à la maison de Miliana vers l'entrée de la nuit, il s'y arrêta dans l'intention d'y commettre un vol; il demanda un verre d'eau, qui lui fut servi; qu'ensuite la femme Manciet l'engagea à souper avec elle et ses enfants; il accepta l'invitation et mangea un morceau de jambon et un oeuf. Le repas fini et poussé par le démon, il s'arma d'une hache qui était à coté de lui, en porta plusieurs coups à la femme Manciet, qui s'échappa de ses mains, en frappa aussi les trois enfants qui étaient devant le foyer, et se mit à même d'enfoncer deux armoires; il bouleversa tout le linge qu'elles contenaient, mais il n'y prit rien, n'ayant pas trouvé de l'argent; après quoi, ayant entendu les cris de la femme Manciet appelant son mari, et celui ci qui répondait à ses cris ( il revenait de la foire de Labouheyre), il s'arma de nouveau de sa hache, sortit, et à quarante-cinq mètres de la maison il vit Manciet à cheval, lui porta d'abord un coup de hache qui le fit tomber à terre, et là, lui porta d'autres coups, à la suite desquels il succomba; et après s'être assuré qu'il était mort, il le fouilla et ne trouva dans ses poches que 50 centimes renfermés dans une bourse qu'il prit; il rentra ensuite dans la maison, prit son bâton, et s'en alla à la foire de Labouheyre" (extrait de La Presse du 1er octobre 1851, d'après le Journal des Landes)

Le journal Le Constitutionnel du 21 septembre 1851 ajoute que le criminel s'était présenté à la maison pour demander des nouvelles d'une vache qu'il disait avoir  perdu; que les enfants étaient âgés de 12, 11, et 7 ans et qu'un seconde victime serait décédée dans la matinée du 17 et qu'on craignait pour la vie des trois autres ( de fait les quatre sont vivantes le 21, dont une fillette de 12 ans mal en point).

Au moment de monter sur l'échafaud le malheureux s'est avoué l'auteur d'un crime antérieur pour lequel trois autres personnes avaient été poursuivies et n' avaient été acquitées qu'à une voix de majorité ( les frères Loubère et un nommé Bruzocq). Il s'agissait là de de l'horrible assassinat en septembre 1850  sur la personne d'un nommé Fourcet dit Pater, tué de cinq coups de hache, en sortant a une heure peu avancée de la soirée d'une auberge où il avait passé la journée.


POUR MEMOIRE !


D'AUTRES TUEURS A LA HACHE
Le 28 février 1826 à Castelnau-Chalosse, François CAMPET, tailleur, pour hériter au plus tôt, blesse mortellement d'un coup de hache en pleine tête son père Jean, lequel meurt cinq jours plus tard. Guillotiné le 29 août 1826. Le 28 octobre 1870 à Pouydesseaux, Jean SABATHE  tue à coups de hache Bernard Carrère, sa femme Marie, et blesse grièvement la bonne Marie agée de 15 ans. Guillotiné le 13 mars 1871. Le 30 décembre 1945 à Yzosse, Alexis DUCASSE cultivateur, tue de cinq coups de hache son ancienne maîtresse Emma veuve Darregert, 48 ans, pour la voler. Fusillé le 10 décembre 1946.

TUEUR A LA FOURCHE

Le 31 janvier 1827 à Lugaut,  Jean DAUBA, voyant d'un mauvais oeil les relations intimes que son père, propriétaire terrien, entretenait avec une de ses locataires, et craignant que la maîtresse ne le spolie des biens qui lui revenaient en le ruinant, tue celui-ci de douze coups de fourche, dont sept à la tête
TUEURS AU MARTEAU
Le 5 septembre 1929, Joseph LAFFITE, valet de chambre dans un hôtel de Dax tue à coups de marteau Adrien Minvielle, 55 ans, domestique d'un château à Saint-Paul-lès-Dax, pour lui voler ses économies afin de payer les frais de ses futures noces. Le 7 juillet 1930 à Saint-André-de-Seignanx  Etienne BORDUS, scieur de long tue l'aubergiste Jeanne Lafourcade à coups de marteau pour voler 3100 francs.  Guillotiné le 24 janvier 1931.

TUEUR AU PIEU

Le 2 décembre 1857 à Orthevielle, Dominique JARVOT, laboureur de 25 ans,  se rend chez ses anciens maîtres, propriétaires aisés. Dans leur maison isolée, il tue Pierre Desquenne 66 ans dans le cellier, d'un coup de pieu dans la tête et, dans la cuisine, son épouse Catherine, 71 ans, le crane fracassé de trois coups de la même arme, avant de voler un sac d'écus d'une valeur de quelque 1000 francs en pièces. Guillotiné a Peyrehorade le 14 juin 1858.

TUEUR A LA BARRE DE FER

Dans la nuit du 26 au 27 octobre 1875 à Miramont-Sensacq, chez les Duluc, Pierre LACAZE tue  de plusieurs coups de barre de fer sur la tête Bernard Castay, commerçant aisé, avant de lui voler 300 francs en billets de banque, un bas de laine rempli de pièces d'or, plusieurs hectolitres d'avoine dans sa ferme, et enfin de jeter son corps dans un gouffre voisin, le "Trou aux fées". L'instigateur du crime, Duluc, qui devait une grosse somme à Castay, et qui tira d'abord un coup de révolver dans le visage, est condamné à perpétuité, et sa femme à dix ans de travaux forcés. LACAZE est condamné à mort puis gracié.

TUEUR A COUPS DE PIERRE

Le 18 juin 1894 à Lourquen, Laurent AMBULANT terrassier, joueur accablé de dettes, fracasse à coups de pierre le crâne de M. Brocas, aubergiste, dans la nuit du 18 au 19, pour le voler. Brocas survit deux jours à son agression, ce qui lui permet de dénoncer son assassin. Travaux forcés a perpétuité.

TUEUR A LA PINCE

24 janvier 1903 à Mézos, Jean Theophile LAJOIE 20 ans, garçon de salle, égorge à coups de pince tranchante les époux Dubrana, 70 et 63 ans, propriétaires, ainsi que leur domestique, Gracieuse Biregay, 67 ans, afin de les voler.

TUEURS  AU FUSIL

Dans la nuit du 6 au 7 janvier 1923 à Bélis, Bernard BORDES abat ,au fusil de chasse, les époux Vital-Glize pour les voler. Guillotiné le 12 juillet 1923. Le 23 octobre 1815 à Campet, Etienne CABANNES amant de Jeanne Dudon épouse Miramont ,abat d'un coup de fusil M Miramont, lors de sa troisième tentative de meurtre. Peine de mort commuée en 20 ans de réclusion. Le 11 décembre 1834 à Saint-Paul-en-Born, Michel LARRIEU abat Jean Duollé d'un coup de fusil à la demande de Pierre MENAUT rival de la victime, contre 10 francs . Guillotiné le 14 juillet 1935. Le 11 février 1835 Jean LALANNE forgeron de 60 ans tue à coup de fusil et de haut-volant M. Seps avant de le jeter dans l'Adour pour partager 2000 francs avec un complice. Guillotiné le 9 mars 1837. Le 24 janvier 1836 à Mézos, Jean LABAT, marchand colporteur de 19 ans, tue d'un coup de fusil  M Larrieu pour lui voler sa montre et son couteau. Guillotiné le 13 juillet 1836.


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1853 - Lahosse - Le curé Montauzé et les jeunes du bal


L'abbé Pierre-Marcel Montauzé fut curé de Lahosse de 1848 a 1853. Ce personnage de caractère déterminé à faire appliquer la morale chrétienne ne fit, semble il, pas l'unanimité partout où il passa. Preuve en est la relation conflictuelle avec les jeunes du village, puis la municipalité, née de la simple organisation d'un bal 
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Adiù bal de Lahosse
Qu’és doun mourt e badé
Préparam-lou le hosse
Qu’é ouéy l’éntérremé
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vers de l'abbé Montauzé ( érudit et écrivain en gascon)
cités par l'abbé Foix dans son dictionnaire Gascon-Français


Cette affaire est l'objet de la lettre adressée à l'évêque par le maire Francois Lafosse et le conseil municipal.

Monseigneur,

C’est pour la première fois dans leur souvenir et avec bien de la peine que les habitants de Lahosse se voient dans la nécessité de soumettre à votre sagesse paternelle quelques faits malheureux qui depuis quelques temps les affligent, troublent le bon ordre dans la commune et menacent de porter atteinte à l'esprit religieux, à l'estime et au respect dû au ministre de la religion.
Il y a un an environ, quelques jeunes gens légers résolurent d'employer les moments de loisirs du dimanche à un des amusements frivoles que l'homme sensé dédaigne et que l'église condamne : un bal.
Mr le Curé, par le zèle qu'il mit dans ses prédications, retint toutes les jeunes personnes du sexe dans la bonne voie, récompensa leur sagesse et leur retenue, actes qui furent bénis de tous les hommes sages et surtout des pères de famille.
Malheureusement, son zèle ne se borna pas là ; il voulut au moyen de chansons, faire sentir la frivolité de cet amusement, entonna lui-même ces chansons en présence de la foule assemblée dans la cour du presbytère pour assister à la loterie des prix de sagesse.
La jeunesse, déjà mécontente, vit dans ces chansons une raillerie à son désappointement et dès le soir même, elle manifesta son mécontentement aussi par des chansons que nous ne qualifierons pas. Alors M. le Curé crut devoir prévenir les jeunes gens par une lettre adressée à celui d'entre eux qui lui paraissait le plus influent, des peines auxquelles ils s'exposaient par de pareils actes et terminait par une nouvelle raillerie assez piquante.
Cette jeunesse se retint, tant par crainte que par la désapprobation générale pour de telles démonstrations mais elle garda un ressentiment secret pour les railleries qui lui avaient été adressées.
Cinq ou six mois se passent, le calme semble rétabli.

La nuit du 16 janvier dernier, la gendarmerie de Mugron fut requise de se transporter à Lahosse pour y faire une ronde de police dans les cabarets. Trois aubergistes et dix ou douze habitants de la commune furent surpris en contravention aux règlements de police. On verbalisa contre eux.
L’auteur de cette réquisition étant resté inconnu, les habitants presque à l’unanimité l’attribuèrent à M. le Curé et crurent pouvoir motiver leurs soupçons par les avertissements récents et réitérés qui leur avaient été donnés dans les instructions pastorales.
De ces soupçons jaillirent de nouveaux désordres : les anciennes rancunes se réveillèrent, le nombre des mécontents augmenta. Beaucoup de personnes ne supportèrent pas que le prêtre eut dérogé à ses attributions en s’arrogeant celles d’officier de police. Quelques jeunes gens moins réfléchis, ne pouvant contenir leur mécontentement, se portèrent, le dimanche 23 janvier au soir, à une démonstration bruyante et insultante envers Monsieur le Curé. Après cette démarche, quelque individu plus pervers et dont le ressentiment n’était pas encore satisfait, se porta à des excès en commettant des dégradations sur le bien du presbytère.
Monsieur le Curé forma sa plainte, procès-verbal fut dressé par M. le Maire et justice fut faite de tous ces excès par M. le Juge de Paix du canton de Mugron.
Encore sous l’impression produite par tous ces faits, l’attention des habitants fut fixée par une démarche de M. le Curé et qui consistait à s’enquérir, auprès de plusieurs personnes de la commune de la conduite de M. Saint-Martin fils, qui remplit depuis longtemps, avec zèle et dignité, les fonctions d’instituteur et de chantre à l’église en remplacement de son père que l’âge et les infirmités rendent incapable de ce travail.
Cette démarche à l’égard d’un jeune homme appartenant à la famille la plus digne et la plus respectée de la commune, et qui, dans l’esprit des habitants n’avait démérité de l’estime publique accordée à ses parents, produisit de très fâcheuses impressions. A  la suite de cette enquête M. Saint-Martin fils fut mandé par M. le Curé qui l’appela dans sa chambre, lui adressa une dure réprimande sur la conduite libertine, lui lut une longue et terrible dénonciation à M. le Recteur dans laquelle il était peint des couleurs les plus noires.
Saint-Martin, étourdi d’abord par la brusquerie de pareilles accusations, se récria contre de telles calomnies et demanda à se justifier par une enquête.
M. le Curé lui défendit de parler vu que sa culpabilité était avérée, lui adressa de nouveaux reproches, le menaça, lui fit entrevoir sa disgrâce et sa perte, mais, que, toutefois, par considération pour ses parents, il voulait bien renoncer à envoyer la lettre à M. le Recteur, à la condition expresse de signer un écrit qu’il présenta. Le jeune homme intimidé, troublé par les menaces d’un tel personnage, entrevoyant les malheurs de sa  disgrâce rejaillir sur ses parents, ses affections les plus chères et les plus sacrées, signe et se retire.
Revenant à peu près de ses émotions, il fait part au premier venu de ce qui venait de se passer et proteste contre les accusations et les violences dont il est victime.
Ces faits courant de bouche en bouche sont bientôt connus du public, paraissent incroyables aux uns, excitent l’indignation des autres. Saint-Martin père, en est  informé, s’indigne des violences exercées contre son fils, prie M le Curé de lui remettre la signature qu’il a en  mains. M. le Curé répond qu’il ne le peut, alléguant pour motif de son refus, le rapport fait par Saint-Martin de ce qui s’était passé entre eux, qu’il n’avait aucune envie de passer pour un calomniateur et qu’il devait à son honneur de garder cette signature.
Il serait difficile, Monseigneur, de vous exprimer les diverses impressions produites sur les habitants. Les uns supposent la première démarche de M le Curé à l’égard de Saint-Martin comme le résultat de calomnies qui lui auraient été adressées contre ce dernier, d’autres supposent qu’elle aurait été motivée par des aveux faits en confession, funeste idée dont les effets se sont faits sentir par le petit nombre, comparé aux années antérieures, des personnes qui se sont adressées à leur pasteur pour la confession et la communion pascale.
Dieu sait encore les conjectures que l’on tire de la signature qui est entre les mains de M. le Curé dont on croit voir l‘honneur compromis par la démarche d’une enquête tombée dans le vide et devant se mettre sous la sauvegarde  d’une signature obtenue par violence d’un jeune homme dont la douceur de caractère et la timidité sont connues.
Telles étaient les impressions des habitants de L. lorsque leur peine fut mise au comble en voyant, le dimanche de Rameaux, le chant interdit à M.. St M. fils.
Le Conseil Municipal, cédant au désir des habitants, adressa le jour suivant une lettre à M. le Curé pour lui exposer l’état de mécontentement général occasionné par sa manière d’agir et lui manifester l’intention d’en faire exposé à l’autorité supérieure s’il y persistait.
Il répondit par une lettre qui exprimait l’obstination et le dédain.
Voilà, Monseigneur, l’exposé des faits que nous soumettons à votre sagesse, vous laissant le soin d’aviser aux meilleurs moyens pour rétablir, le plus tôt possible, le bon ordre et la paix dont jouissaient depuis un temps immémorial les habitants de L., le tout pour l’intérêt de la religion et le bien des fidèles, vos serviteurs qui vous demandent avec respect et humilité, Monseigneur, votre sainte bénédiction.

Signé du maire : François LAFOSSE et les conseillers:
DAVERAT, SEQUE, CARDENAU, LABADIE, BARRERE, BROCA, DARAIGNEZ, BEGUERY  BEGUERY,  LAFOSSE..      (une signature n’est pas transcrite) 

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